| Projet Canada |
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Le journal des lycéens, partie Voyages
Mon expérience canadienne - Emeline DUKICPour commencer, je vais me présenter. Je m’appelle Emeline Dukic et j’écris cet article car nous avons eu la chance, mes camarades de classe et moi-même, de nous envoler pour le Canada le quatre octobre dernier. A travers ces lignes, j’aimerais partager avec vous les divers sentiments qui m’ont traversée durant ce périple ainsi que le changement de mon regard envers ce pays. N’ayant jamais vu de documentaire ou lu de livre à propos du Canada, les seules informations que je possédais étaient celles qui demeuraient dans mon esprit depuis toujours. N’avez-vous jamais ressenti ça ? Cette impression de connaître un sujet alors qu’en fait, l’unique et véritable auteur de ces informations n’est autre que vous ? Cet étrange phénomène créé par cet organe complexe appelé « cerveau » ? Il vous envoit des images qui élisent domicile dans votre tête, grandissent, grossissent, pour finalement mourir le jour où vous êtes confrontés à la réalité. Pour cette raison, je sollicite votre compréhension quant à la représentation que je me faisais de la Nouvelle-Ecosse avant d’y aller. On m’avait prévenue, en premier du fort accent des Canadiens. Lorsque j’entendis cette information, une connection surprenante a dû opérer dans mes neurones : un accent prononcé ne pouvait être que le fruit d’une tenue inexistante et d’une vie sociale minime.. Quant aux paysages, j’imaginais des arbres omniprésents et quelques maisons en bois disposées aux endroits où la nature le permettait. Je croyais aussi, et ce sûrement à cause d’avoir légèrement abusé des dessins animés tels que « Bouba » ou encore « Winnie l’Ourson » dans ma tendre enfance, que lorsqu’on s’enfonçait un peu dans les bois, on pouvait apercevoir quelques grizzlis adossés aux arbres, un pot de miel à la main. (Je veux bien avouer que pour le pot de miel, je me suis vite faite une raison !) Quand j’ai appris le nom de l’école, mon premier réflexe fut de la chercher sur internet. Après une heure de recherche infructueuse, je me voyais déjà dans un établissement de trente élèves maximum dont les cours principaux seraient chasse, pêche, et menuiserie. Au moment où je suis sortie de l’avion, j’imaginais déjà les Canadiennes en admirations devant nos habits, nos affaires,… Et là, je les ai aperçues : une armée de filles aux cheveux soyeux, au teint parfait, aux habits griffés de marques tendance qui nous attendaient, au garde-à-vous. A cet instant, je me suis vraiment sentie coupable de les avoir imaginées comme je l’ai fait. Dans le bus, j’observais, fatiguée, le paysage qui défilait sous mes yeux : vert, kaki, vert, orange, roux, doré, kaki, vert,… De temps en temps, la mer parraissait si proche qu’on pouvait la toucher. Les arbres dansaient au rythme de la musique du vent dans leurs branches, et, à leurs pieds, les feuilles faisaient des rondes. Les maisons semblaient très modernes vues de l’extérieur, et lorsque nous fûmes arrivés, je remarquai que c’était le cas à l’intérieur également. Sur la côte, en face de la maison, alignées, imperturbables, demeuraient des éoliennes qui ne cessaient de tourner. Je restais à les contempler, assise sur la plage. La mer avançait, et avant qu’elle n’ait pu atteindre mes orteils, reculait. L’école dans laquelle ma correspondante étudiait était plus fournie technologiquement que notre cher lycée St Etienne. Le système d’enseignement était différent, mais très efficace. Je partage avec ma correspondante un grand nombre de centres d’intérêt communs, nous pouvions donc passer des heures à discuter de sujets passionnants. Très vite, de nouvelles images ont remplacé les anciennes et je me suis habituées à la vie canadienne qui n’est finalement pas si différente de la nôtre. En conclusion, j’ai rencontré à Yarmouth des personnes formidables, chaleureuses et inoubliables. Une part de moi demeurera là-bas à jamais, assise sur un rocher, à contempler les éoliennes en attendant impatiemment le coucher du soleil. Après la lecture de mon article, j’espère que vous ne ferez pas la même erreur que moi et que vous saurez faire la part des choses entre la réalité et votre réalité. Le Canada - EliseAvant même d'y avoir posé un pied, j'avais dans la tête une idée bien précise du Canada.
Pour moi, il faisait partie des pays dans lesquels le vent glacé vient vous chatouiller le visage jusqu'à l'intérieur de votre maison, toute de bois construite. C'était, dans mon imagination, la fraîcheur qui venait vous réveiller le matin. Votre premier reflexe aurait été d'enfiler le plus gros pullover de votre garde robe pour pouvoir, ensuite, descendre à la cuisine goûter aux délicieux «pancakes, sirop d'érable» autour d'un bon feu de cheminée .Selon moi, les journées n'étaient pas longues. Les habitants très peu habitués au grand soleil, ne se rendaient même plus compte du moment où la nuit arrivait. Ce manque de lumière permanent rendait les habitants pâles et la ville morose. Voilà ce qui était, pour moi, le Canada, des images clichés et des légendes urbaines car contrairement aux idées reçues, le climat canadien et loin d'être glacial et le ciel n'est pas constamment gris. Au contraire, il est d'un bleu, si bleu, qu'on le confondrait presque avec l'océan. Le soleil y trône la majorité du temps ce qui donne naissance à des paysages fantastiques et lumineux. Quant aux maisons, elles n'ont absolument rien des cabanes rustiques que l'on pourrait imaginer. Eloignées chacune des autres par plusieurs hectares des forêts de conifères, il est impossible d'avoir un voisin de palier au Canada. Aucune des habitations ne se ressemble, chacune a sa propre couleur, sa propre forme et sa propre décoration. Beaucoup d'entre elles ont néanmoins un point commun : une étoile de bronze accrochée telle une broche sur la porte d'entrée. Les journées sont effectivement courtes, mais le soleil, avant de partir, nous offre une spectacle magnifique : le mélange des couleurs rouge, orange et jaune qui orne le ciel. De plus, on a souvent tendance à l'oublier mais le Canada dispose de magnifiques plages qui s'étendent à perte de vue. Mon esprit naïf avait imaginé la neige en octobre, il a bien été déçu de constater qu'aucun flocon n'allait tomber du ciel avant des mois. Les jeunes Canadiens, adeptes des célèbres bus jaune américains, ont eux aussi moyen de se faire plaisir dans toute sorte de magasins et, ne s'habillent pas par les pulls que leurs mères leur auraient tricoté avec amour, comme on pourrait l'imaginer. Les idées que j'avais du Canada ont bien changé depuis ma visite. Mais rassurez-vous, un mythe reste fondé : les célèbres pancakes sont effectivement dégustés chaque matin par les familles, pour le plaisir de tous ! Mon séjour au Canada, une expérience surprenante ? - Louis ThéophileConformément à ma perception du monde, chaque instant peut s'avérer enrichissant ; il suffit de le considérer avec le recul nécessaire... Nonobstant, mon séjour en Nouvelle-écosse, véritable plongée dans un cadre inhabituel, fut un condensé d'expériences nouvelles, dans la dimension sociale, culturelle, récréative, culinaire, et j'en passe...
A l'annonce du projet, j'ai mené des recherches modérées afin de me constituer une base référentielle. Inconsciemment, je parcourais déjà une contrée unique : « mon Canada ». En ces terres, la nature, omniprésente et majestueuse, permettait à tous de subsister. Les immenses forêts de conifères, parsemées de miroirs lacustres accueillaient des créatures dont l'exotisme m'enchantait. Il était fréquent de rencontrer des caribous broutant nonchalamment, ou d'ouïr des grognements rauques et puissants, indiquant la présence non lointaine d'un ursidé. La contemplation de l'océan, qui étreignait l'horizon duveteux, à partir d'un éperon rocheux, me comblait. La délicate et froide brise nordique charriait l'iode et les exhalaisons végétales. Pour ce qui est des êtres humains, je ne pouvais qu'émettre de vaines suppositions... Les foyers canadiens seraient-ils chaleureux ? Les coutumes et modes de vie de ce peuple divergeaient-ils des nôtres ? Intimement convaincu de l'absence de renseignements fiables à ce sujet, je me suis résolu à l'attente et au rejet des clichés connus de tous. Rien ne pourrait confirmer une hypothétique vie rude de mes futurs hôtes, un éventuel culte au sirop d'érable, la potentielle ressemblance des écoles aux établissements visibles dans la majorité des séries pour adolescents. Seul les quinze jours de découvertes détermineraient une opinion valable. L'immersion quasi-totale s'abattit sur certaines de mes représentations et les brisa, tout en en épargnant d'autres. Le périple routier jusqu'à la ville d'Argyle confirma mes supputations quant à la nature : je n'avais jamais vu tant d'arbres de toute mon existence! En outre, j'appris que la majorité des activités professionnelles reposent sur cette richesse : d'aucuns vivent de la pêche, d'autres de la chasse, ou encore de l'agriculture. Néanmoins, la faune ne fut pas celle que j'imaginais. Les ours n'étaient présents que dans les plaisanteries, les caribous, mythiques animaux du Grand Nord, furent remplacés par de discrets chevreuils. L'essence de l'originalité résida dans l'ensemble des rencontres, des loisirs partagés, des mots échangés. Mon correspondant, habitué à la vie au « grand air », me fit découvrir la pêche en eau douce, le tir, le quad... Il me conta ses sorties de chasse et exhiba fièrement un canard qu'il avait lui-même abattu. On insista même pour immortaliser le moment et on me demanda de tenir un des corps flasques par le cou. Je contemplai les oiseaux ensanglantés, souris pour la photographie et reposai hâtivement ce conglomérat de plumes et de muscles désormais inutiles. Le souvenir de cet épisode me fait aujourd'hui sourire : la gentillesse de mes hôtes, étonnés, d'ailleurs, de ma quête de sirop d'érable, contrastait tant avec l'insatiable volonté d'un avide chasseur d'amasser le plus de trophées de chasse que possible. La simplicité régnait au quotidien dans leurs relations familiales ; ils se préoccupaient peu des multiples manières usitées en France ; grâce à leur franchise, leur bonté je me sentis bientôt membre de « l'équipage », « crew » comme le disaient-ils. Cet accueil est d'autant plus mémorable qu'ils eurent à cœur de me proposer de nombreuses activités, comme le base-ball, ou encore des plats typiques, tels que le homard bouilli, frit, en toast et le gâteau à la citrouille. Le système scolaire, fortement distinct du nôtre, mais comparable à celui des Etats-Unis, m'a séduit par l'attention accordée à l'insouciance enfantine et le respect des loisirs qu'il induit. L'intensité du travail, bien inférieure à celle que je connaissais, m'a dérouté. L'atmosphère est bien plus collégiale que chez-nous, mais des groupes dissemblables et l'éviction des différences trop apparentes demeurent existants. Malgré ces multiples remarques, je ne peux que reconnaître la petitesse de ce témoignage face à l'intégralité de mon apprentissage et face à la remise en question qui s'en est suivie. Cependant, la réflexion indispensable à la rédaction de cet article a mis en lumière certains aspects de mon expérience que j'ignorais jusqu'à présent.
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