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Système scolaire du Royaume Uni – Une école libertaire

Keep calm and carry on ! Voici qui résume bien la société britannique et plus précisément son système scolaire. Bien que l’enseignement au Royaume – Uni ne soit pas identique en Angleterre, au Pays de Galle, en Irlande du Nord et en Ecosse, il reste sensiblement attaché à une notion fondamentale de liberté et cela, pour l’ensemble des acteurs du système scolaire.

 

 

I. Un système scolaire entre histoire et traditions

 

Au Royaume – Uni, l’éducation était traditionnellement prise en charge par l’Eglise. Réservée à l’élite, elle s’étendit peu à peu au reste de la population durant le XVIIIe siècle.  Durant cette période, dans un contexte de concurrences entre différentes confessions, des mouvements philanthropiques et religieux créèrent des écoles élémentaires. Parallèlement, l’enseignement secondaire a également pu se développer à travers la création de Grammar schools, fondées par des particuliers aisés et où l’objectif était d’apprendre la grammaire latine.

 

 

1870 : loi instituant la scolarité primaire obligatoire

 

L’introduction du suffrage universel masculin de 1867 conduisit le gouvernement britannique à instituer une scolarité obligatoire à destination de l’enseignement primaire. Ce choix peut s’expliciter par le besoin désormais impérieux de former des citoyens responsables dont le devoir est désormais de voter les gouvernants. L’obligation scolaire a également précipité l’intégration des établissements confessionnels dans le secteur public tout en préservant l’influence des mouvements religieux au sein de ces nouveaux établissements.

 

 

1902 : Loi Balfour

 

Cette loi divisa l’Angleterre et le Pays de Galle en 330 Local Education Authorities (LEA) ayant pour tâche de gérer de manière autonome la scolarité de chaque secteur.

 

 

1944 : Loi Butler

 

Instauration de l’enseignement secondaire obligatoire.

 

 

1988 : Réforme scolaire du gouvernement Thatcher

 

Le gouvernement de Margaret Thatcher réforma le système scolaire britannique à travers trois axes de réforme. Tout d’abord, il étendit les prérogatives du pouvoir central via la création d’un programme obligatoire pour toutes les écoles publiques (National Curriculum) qui définit les matières et met en place des examens nationaux. Ensuite, il augmenta l’autonomie des établissements en leur délaissant par exemple la gestion du budget. Enfin, il donna aux familles, la liberté de choisir leur école dans une optique de concurrence des établissements scolaires.

 

 

1997 :

 

Le gouvernement britannique attribua des prérogatives aux trois régions « périphériques » (Ecosse, Pays de Galle et Irlande du Nord) ce qui eu pour conséquence, l’existence de quatre systèmes scolaires différenciés au sein d’un même royaume.

 

 

2010 : Création des free schools

 

Le gouvernement britannique proposa aux familles de créer leur propre établissement afin de pallier à la difficulté des places manquantes dans les écoles. Les free schools sont par conséquent financées par le Ministère de l’Education mais disposant d’une direction indépendantes (association de parents d’élèves, associations sportives, etc.). N’étant pas soumises aux autorités locales, elles peuvent organiser leurs propres conditions d’admission et ne sont pas sujettes au National Curriculum.

Toutefois, ces écoles restent fortement critiquées du fait de leur incapacité à créer la moindre mixité sociale en leur sein.

 

 

II. L’organisation du système scolaire du Royaume – Uni

 

 

Ecole maternelle/Primary school/Nursery school de 3 à 5 ans

Ecole élémentaire/Primary school de 5 à 7 ans

Ecole d’enseignement secondaire de 1er niveau/Secondary inferior school de 7 à 11 ans

Ecole d’enseignement secondaire supérieure/Secondary superior school de 11 à 16 ans

 

 

L’Education britannique dépend de deux ministères : le Department for Education (scolarité obligatoire) et le Department for Business, Innovation and Skills (formation universitaire et recherche scientifique).

Ces deux institutions regroupent de nombreux offices et agences gouvernementales spécialisées. L’une des plus importantes est l’Office For Standards in Education, Children’s Services and Skills qui a pour tâche de mesurer la qualité de l’enseignement au sein des établissements. Notons toutefois qu’un tel type d’agence conforte l’idée d’une concurrence entre les écoles.

 

 

« Les écoles publiques peuvent être laïques (community schools) ou confessionnelles (voluntary aided schools). Ces écoles sont financées par les Local Authorities (LA), les autorités locales, et sont gratuites pour les élèves. Ces écoles ont l’obligation de suivre le National Curriculum. »

 

Outre ces deux grandes catégories, il existe également :

 

  • Des écoles secondaires publiques spécialisées et financées par des sponsors privés (City Technoloy Colleges)
  • Des écoles secondaires spécialisées et fiancées par l’Etat et par des sponsors privés (Academies)
  • Des free schools.

 

L’importance du secteur privé est considérable d’un point de vue qualitatif (diplômés du privé sont majoritaires dans les meilleures universités) et quantitatif (dépenses liées à l’éducation dans le secteur privé sont les plus importantes des pays de l’OCDE). Les écoles doivent néanmoins être homologuées par le Ministère de l’Education mais peuvent choisir leur propre cursus. Elles sont libres de mettre en place une sélection d’entrée, des frais de scolarité élevés ainsi que des examens d’admission.

 

 

 

III. Une école libertaire

 

Le système scolaire britannique, comme la majorité des systèmes est en adéquation avec la société de son pays. Il propose donc un mode de fonctionnement basé sur le concept de la liberté qui peut s’analyser sous trois axes de lecture.

 

  1. Liberté des familles

 

Comme développé précédemment, la réforme scolaire du gouvernement de Margaret Thatcher de 1988 a permis aux familles de choisir librement leur école, créant par la suite un phénomène de compétition entre les différents établissements scolaires.

 

  1. Liberté des enfants

 

La liberté laissée aux enfants de choisir leurs cours à partir du secondaire pousse ces derniers à une plus grande responsabilisation mais également à un choix précoce dans leur orientation.

 

L’uniforme qui caractérise les écoliers britanniques pourrait apparaître comme contraire aux libertés des élèves de se vêtir comme bon leur semble. Bien qu’aucune loi n’oblige le port de l’uniforme, ce dernier est porté dans les établissement publics et privés. Il semblerait même que les élèves soient fiers de porter l’uniforme de leur école.

 

« Le port de l’uniforme va au-delà d’une simple idée d’anti – discrimination. Il y a le but de créer une communauté dont l’école est le point d’ancrage. »

 

L’uniforme apparaîtrait donc comme le symbole de l’appartenance à un groupe, à une communauté qui dans ce cas, s’avère être une communauté scolaire, et non comme le symbole d’un quelconque renoncement aux libertés individuelles.

Certains établissements démocratisent même le choix de l’uniforme en permettant aux familles et élèves de voter la coupe du vêtement tous les cinq ans. Une bourse spécialisée peut également être accordée selon les revenus des familles afin de couvrir une partie ou l’intégralité des dépenses engendrées.

 

  1. Liberté des enseignants

 

Pour pouvoir enseigner au sein d’un établissement reconnu par l’Etat, il faut obtenir le diplôme Qualified Teacher Status. Mais le futur enseignant doit avant tout choisir la discipline qu’il souhaite enseigner, l’âge des élèves ciblés, s’il souhaite enseigner à temps plein ou à temps partiel et à quel endroit il souhaite exercer. Une fois de plus, la notion de liberté est omniprésente dans le cadre scolaire.

 

Les enseignants ne sont toutefois par titulaires de leur poste. En conséquence, ces derniers doivent se montrer disponibles en – dehors des heures de cours pour participer à un système de tutorat. Les enseignants ont en effet un statut de conseillers et de médiateurs auprès des élèves et familles qui doit être mis à contribution en dehors des heures d’enseignement.

 

Le libre choix des familles à choisir leur école poussent également les chefs d’établissements, governors, à assurer un enseignement de qualité. En conséquence, une inspection annuelle est réalisée auprès de chaque enseignant et classe afin d’évaluer les résultats des élèves. Les résultats de l’évaluation peuvent tout aussi bien déboucher sur une augmentation salariale de l’enseignant comme par son renvoi.

 

 

 

En conclusion, le système scolaire britannique reste un système fortement localisé qui tend toutefois à un renforcement du pouvoir central. Marqué par une forte idée de liberté qui s’étend aux familles, élèves et enseignants, il prône également d’autres notions tel que l’individualisation. En effet, il apparaît dans ce système, que l’élève est perçu dans sa globalité et non comme un individu coincé dans un rôle d’apprenant. A méditer !

 

 

 

 

 

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